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[...] "J'ai attrapé une maladie vieille comme l'humanité et contre laquelle n'existe, à ce jour, aucun remède. Ceux qui en ont été épargnés en sourient, parfois s'en gaussent. Ils ont tort. Elle parait en effet anodine, négligeable, divertissante, elle est insidieuse, exigeante avant de devenir tyrannique. Elle ne laisse aucun répit. Elle n'admet aucun rival. Elle existe qu'on lui sacrifie beaucoup de temps, une dispensieuse energie, toutes ses économies, son corps et, qui sait, son âme. A l'instar de certaines religions, elle promet le paradis après que l'on ait bien souffert et après que l'on se soit bien effacé.Elle déteste les paresseux et les lâches. Elle est effrayante et magnifique. Il arrive qu'on en meurt, c'est la fièvre du cheval. [...] Jour après jour elle me dévore, j'ai essayé en vain de lutter, maintenant soumise, je me laisse faire. Je m'applique et m'amuse seulement à la domestiquer. Je lui cède en selle, elle me poursuit à pied, jusque dans la grande ville où elle ne manque jamais une occasion de me narguer et, si d'aventure je la dédaigne, de me persecuter![...] Nous progressons avec ceux qui croient en nous, avec ceux qui nous forcent à nous dépasser, et avec ceux qui sont là, tout simplement ..."